Cette caractéristique de personnalité accroît le risque de troubles de santé mentale

Image d'illustration. Une personne pensiveADN
Certaines caractéristiques de personnalité pourraient jouer un rôle déterminant dans la vulnérabilité aux troubles psychiques. Selon des études récentes, un trait spécifique serait associé à un risque accru de développer des problèmes de santé mentale.
Tl;dr
- Les personnes sensibles sont plus exposées aux troubles mentaux.
- Sensibilité : facteur clé pour adapter les traitements psychologiques.
- La reconnaissance de la sensibilité progresse en santé mentale.
Un lien décisif entre sensibilité et santé mentale
Selon une méta-analyse inédite publiée dans la revue Clinical Psychological Science, il existe un lien significatif entre une forte sensibilité et une prédisposition accrue à des troubles tels que la dépression ou l’anxiété.
L’étude, qui compile les résultats de plus de 33 recherches internationales, met en lumière ce trait de personnalité trop souvent négligé dans le domaine de la santé mentale. La question de l’influence des traits personnels sur le bien-être psychique refait donc surface avec une acuité nouvelle.
Sensibilité : définition et enjeux cliniques
Mais que recouvre exactement cette notion de sensibilité ? Les chercheurs parlent d’une capacité à percevoir et traiter intensément les stimulations extérieures : lumières vives, modifications subtiles du contexte ou états émotionnels d’autrui. Si la clinique s’est longtemps concentrée sur le concept de névrosisme, cette recherche souligne que la prise en compte du niveau de sensibilité individuelle ouvre des perspectives thérapeutiques inédites.
De fait, certaines approches – telles que la relaxation appliquée ou la pleine conscience – pourraient mieux convenir aux personnes hautement sensibles. Ainsi, adapter les prises en charge à ce trait spécifique contribuerait non seulement à améliorer l’efficacité des traitements mais aussi à prévenir les rechutes.
L’avis des spécialistes : vers une meilleure individualisation
Pour Tom Falkenstein, psychothérapeute et doctorant à la Queen Mary University of London, « C’est la revue systématique la plus exhaustive jamais menée sur ce sujet chez les adolescents et adultes ; elle démontre que la sensibilité est modérément mais positivement corrélée à plusieurs problèmes courants comme l’anxiété, le trouble panique ou l’évitement social. »
Il insiste sur l’urgence d’« améliorer la reconnaissance clinique de ce trait afin d’affiner les diagnostics et d’ajuster les traitements ». Selon ses données, environ 31 % de la population générale présenterait une haute sensibilité, avec une réponse thérapeutique souvent meilleure lorsque cette caractéristique est prise en compte.
Sensibles… mais aussi réceptifs au positif
Pour sa part, le professeur Michael Pluess, spécialiste du développement à l’University of Surrey, nuance toutefois : « Même si les personnes sensibles sont plus vulnérables face aux expériences négatives, elles bénéficient également davantage des contextes positifs et des interventions psychologiques adaptées. » Autrement dit, si leur environnement joue un rôle déterminant dans leur équilibre psychologique, ces individus peuvent aussi tirer un bénéfice notable d’un accompagnement approprié.
En somme, reconnaître pleinement le rôle de la sensibilité pourrait ouvrir la voie à une santé mentale plus personnalisée et efficace.
