Le Livret A poursuit sa dégringolade : les retraits des Français s’accélèrent

Image d'illustration. Gros plan d une calculatrice et d un livret bancaireADN
Pour le cinquième mois consécutif, les retraits sur les livrets A dépassent les dépôts. Les épargnants français puisent dans leurs économies, illustrant un climat d’incertitude économique et une érosion progressive de l’épargne populaire.
Tl;dr
- Recul des encours sur Livret A et LDDS en novembre.
- L’assurance-vie séduit, encours en forte hausse.
- Baisse continue des taux d’intérêt des livrets réglementés.
L’épargne française rebat ses cartes
Les habitudes d’épargne des Français continuent de se transformer. En novembre, le montant total déposé sur les livrets A a diminué de 800 millions d’euros, atteignant 438,9 milliards selon la Caisse des Dépôts.
Même tendance du côté des LDDS (livrets de développement durable et solidaire) : ici aussi, les encours reculent légèrement – moins 300 millions d’euros sur un mois, pour un total désormais établi à 161,8 milliards.
Baisse persistante des taux et attractivité en berne
Une dynamique qui s’explique en partie par la lente érosion du rendement offert par ces produits réglementés. Au fil de l’année, le taux d’intérêt du Livret A, comme celui du LDDS, a subi plusieurs coupes : initialement fixé à 3 % en janvier, il a glissé à 2,4 % dès février puis s’est stabilisé à 1,7 % à partir d’août.
La mécanique inflationniste, moteur essentiel dans la formule de calcul officielle, s’essouffle. Le spectre d’une nouvelle baisse – jusqu’à 1,5 %, voire 1,4 % en février 2026 – plane déjà au-dessus des épargnants. Néanmoins, il subsiste une marge de manœuvre pour l’État puisque Bercy pourrait décider d’accorder un « coup de pouce au taux finalement appliqué », option déjà retenue par le passé.
L’assurance-vie engrange les bénéfices de ce basculement
Ce désamour progressif pour les livrets ne signifie pas pour autant que les ménages français dépensent davantage leur argent. Le taux d’épargne demeure élevé – il culmine à 18,7 % du revenu disponible selon la Banque de France. Simplement, une part croissante de cette épargne s’oriente désormais vers d’autres supports financiers jugés plus rémunérateurs ou sécurisants.
À ce titre, « le grand gagnant de 2025, c’est l’assurance-vie », observe-t-on à la Caisse des Dépôts. Son encours a bondi de 6,5 % en un an pour atteindre le seuil impressionnant de 2.100 milliards d’euros fin octobre dernier.
L’exception LEP : une légère embellie pour les foyers modestes
Seul contre-courant notable dans ce paysage mouvant : le Livret d’Épargne Populaire (LEP). Réservé aux ménages sous conditions de ressources et proposant un taux attractif (2,7 %), il voit ses encours progresser – avec un supplément de 200 millions d’euros en novembre, portant le total à 80,9 milliards. Une hausse timide mais révélatrice du rôle clé joué par ce produit auprès des foyers les plus modestes.
Au final, si la recomposition se poursuit au sein du paysage français de l’épargne réglementée, elle consacre pour l’heure l’assurance-vie comme valeur refuge plébiscitée par nombre d’épargnants.
