Stellantis enregistre une perte de 2,3 milliards d’euros au premier semestre

Image d'illustration. Concessionnaire stellantis ÉclatantADN
Stellantis, l’un des principaux groupes automobiles mondiaux, affiche une perte de 2,3 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, marquant un net recul financier pour le constructeur franco-italo-américain.
Tl;dr
- Stellantis annonce une perte de 2,3 milliards d’euros.
- Baisse des ventes et hausse des coûts pénalisent le groupe.
- Changement de direction et restructurations en cours.
Un nouveau virage pour Stellantis
Après avoir longtemps occupé une place enviée parmi les constructeurs automobiles les plus rentables d’Europe, Stellantis traverse aujourd’hui une phase délicate.
Le groupe, fort de ses quinze marques emblématiques telles que Peugeot, Fiat, ou encore Jeep, fait face à des vents contraires. Selon des résultats préliminaires encore non audités, la société a accusé une perte nette de 2,3 milliards d’euros au premier semestre 2025.
L’impact d’une conjoncture difficile
Cette situation n’est pas totalement inattendue dans le secteur. Les analystes de ODDO BHF estiment même que ces annonces « étaient largement attendues », en raison du ralentissement marqué des ventes et du contexte de transition managériale au sein du groupe.
En effet, fin juin, l’Italien Antonio Filosa a succédé à Carlos Tavares, amorçant un cycle de réorganisation qui pourrait engendrer de nouvelles provisions et restructurations. Le recul des ventes pèse lourdement : sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires chute de 12,5 %, à 74,3 milliards d’euros.
Poussée des coûts et obstacles américains
Dans ce climat tendu, plusieurs facteurs s’additionnent pour fragiliser davantage la rentabilité du géant automobile. Outre une contraction du volume – le nombre de véhicules livrés ayant reculé de 6 % au deuxième trimestre –, la pression s’intensifie outre-Atlantique. Aux États-Unis, la hausse brutale des droits de douane frappe directement le groupe : les voitures produites hors sol américain subissent désormais une surtaxe pouvant atteindre 25 %. Résultat : les droits de douane nets supportés par Stellantis se chiffrent déjà à environ 300 millions d’euros.
À cela s’ajoutent quelque 3,3 milliards d’euros de charges nettes avant impôts, principalement liées à des dépréciations d’actifs et à l’annulation de certains programmes industriels.
Période charnière et perspectives incertaines
Face à cette succession d’obstacles – augmentation des coûts industriels, arrêts temporaires dus aux nouvelles barrières tarifaires en Amérique du Nord et transition accélérée vers de nouveaux modèles sur le marché européen –, la direction évoque ouvertement une « période de transition ». Les analystes notent cependant que si la situation nord-américaine inquiète particulièrement (322 000 véhicules facturés seulement sur le trimestre), les résultats européens demeurent conformes aux attentes et certains marchés émergents affichent même un dynamisme remarquable.
En attendant la publication officielle des comptes semestriels prévue le 29 juillet, l’incertitude domine quant à la capacité de Stellantis à redresser rapidement la barre. Reste à voir si les mesures engagées par la nouvelle direction sauront inverser cette tendance préoccupante.
