Des inégalités salariales femmes-hommes jusqu’en 2167 en France ?

Image d'illustration. Espace de travail collaboratif lumineuxADN
Chaque année, l’écart salarial entre hommes et femmes perdure en France. En 2024, les femmes cessent symboliquement d’être rémunérées à partir de ce lundi, mettant en lumière une inégalité qui pourrait persister encore plus d’un siècle.
Tl;dr
- L’écart salarial femmes-hommes reste élevé en France.
- En 2025, les femmes « travaillent gratuitement » dès le 10 novembre.
- Mesures proposées : revalorisation, congé égalitaire, transparence salariale.
Des inégalités salariales persistantes
Chaque année, la lettre d’information féministe Les Glorieuses attire l’attention sur une date symbolique : celle à partir de laquelle, en raison des différences de revenus entre les sexes, les femmes sont considérées comme travaillant « gratuitement » jusqu’à la fin de l’année.
En 2025, cette échéance tombe le lundi 10 novembre à 11h31 — soit deux jours plus tard qu’en 2024. Ce calcul s’appuie sur les derniers chiffres publiés par l’Insee, qui attestent d’un écart moyen de 14,2 % en défaveur des salariées.
Lente évolution malgré la mobilisation
La fondatrice de la newsletter, Rebecca Amsellem, ne cache pas son impatience face à la lenteur du progrès : selon elle, il faudrait attendre 2167 pour espérer atteindre une pleine égalité salariale si le rythme actuel se maintient.
En effet, depuis 2016, l’écart n’a reculé que de 0,9 point. Un constat qui fait réfléchir et interroge sur les leviers réels d’accélération.
Derrière les chiffres : comprendre les causes
Les raisons qui sous-tendent ces écarts sont multiples. D’abord, beaucoup de femmes occupent encore des emplois à temps partiel — un choix souvent dicté par la charge des enfants, selon la Drees.
Ensuite, leur accès aux postes d’encadrement demeure limité ; cela pèse sur leurs rémunérations moyennes. Par ailleurs, dans le secteur privé, l’Observatoire des inégalités note que l’écart grimpe à 22 %. Même à poste et temps de travail équivalents, une différence persistante subsiste : environ 4 %.
Des solutions sur la table
Pour tenter d’inverser la tendance, plusieurs pistes émergent du côté des Trente Glorieuses. Voici quelques propositions avancées par le collectif :
- Revaloriser les salaires dans les métiers où les femmes sont majoritaires ;
- Pousser à un congé post-naissance équivalent pour chaque parent ;
- Conditionner l’accès aux marchés publics au respect effectif de l’égalité salariale.
Par ailleurs, la future directive européenne imposant une plus grande transparence salariale, qui entrera en vigueur dès l’an prochain en France, est perçue comme un levier potentiel majeur. Comme le rappelle Rebecca Amsellem, certains pays nordiques ont déjà démontré son efficacité : « Cela va notamment aider les femmes à négocier leurs salaires ». Reste désormais à voir si ces mesures parviendront enfin à combler ce fossé historique.
