Combien gagnent les vice-présidents et questeurs fraîchement (ré)élus à l’Assemblée nationale ?

Image d'illustration. Gros plan sur microphones et documentsADN
Les postes de vice-présidents et questeurs de l’Assemblée nationale viennent tout juste d’être attribués ou renouvelés. À cette occasion, le niveau de rémunération associé à ces fonctions revient sur le devant de la scène et suscite l’interrogation.
Tl;dr
- Élection de nouveaux vice-présidents à l’Assemblée nationale.
- Vice-président : +61 % du Smic sur le salaire mensuel.
- Les questeurs gagnent plus que le Premier ministre.
Des vice-présidents renouvelés à l’Assemblée nationale
Au cœur de la vie parlementaire, l’Assemblée nationale a procédé, ce mercredi 1er octobre, à la désignation de ses six nouveaux vice-présidents. Ce scrutin interne n’est pas anodin : il façonne les équilibres et l’influence au sein de la chambre. Parmi les élus cette année, on retrouve la reconduction de Nadège Abomangoli et Clémence Guetté (LFI), mais aussi de Christophe Blanchet (MoDem) et de Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons).
Ces derniers remplacent notamment Roland Lescure (Ensemble pour la République) et Naïma Moutchou (Horizons). Autre fait notable : le retour remarqué de deux figures du Rassemblement national, Sébastien Chenu et Hélène Laporte, au sein du bureau.
Salaire des vice-présidents : une hausse significative liée aux responsabilités
L’attribution d’un poste de vice-président s’accompagne d’une augmentation salariale non négligeable. Difficile de ne pas remarquer que la fonction apporte 1 099,79 euros bruts supplémentaires chaque mois, soit une hausse équivalente à plus de 60 % du Smic brut. Pour mémoire, un député perçoit déjà un revenu brut mensuel de 7 637,39 euros.
Cette somme regroupe plusieurs indemnités : indemnité de base (5 931,95 euros), résidence (177,96 euros) et fonction (1 527,48 euros). Mais pour les vice-présidents, le total grimpe ainsi à 8 737,18 euros bruts mensuels – avant même d’ajouter avantages divers comme restauration ou garde d’enfants.
L’écart avec les questeurs se creuse encore davantage
Parallèlement à ces nominations, trois questeurs, garants des finances et du fonctionnement administratif du Palais Bourbon, ont été désignés : Christine Pirès Beaune (PS), Brigitte Klinkert (Ensemble pour la République) et Michèle Tabarot (DR). Leur position leur assure une rémunération encore supérieure : en ajoutant les 5 300,36 euros réservés à cette charge particulière au salaire classique d’un député, ils atteignent un revenu brut mensuel totalisant 12 937,75 euros.
Voici quelques éléments pour mieux situer ces montants :
- Salaire d’un questeur : 12 937,75 euros bruts par mois.
- Salaire du Premier ministre : 12 457 euros bruts (+ avantages).
- Salaire d’un député sans fonction : 7 637,39 euros bruts.
Pouvoirs accrus et débat sur la rémunération des élus
Cette configuration révèle une constante : plus les fonctions parlementaires s’élèvent dans la hiérarchie institutionnelle, plus la rémunération suit – parfois au point de dépasser celle du chef du gouvernement.
De quoi relancer le débat sur l’attractivité – mais aussi sur la légitimité – des émoluments liés à certaines fonctions politiques en France.
