Permis de conduire : des moniteurs réclament 28 heures minimum de formation, est-ce justifié ?

Image d'illustration. Gros plan sur les mains tenant un volantADN
Des voix s’élèvent parmi les moniteurs d’auto-école pour réclamer un minimum de 28 heures de conduite avant l’examen du permis. Cette demande relance le débat sur la formation des apprentis conducteurs et la sécurité routière.
Tl;dr
- Moniteurs veulent 28 heures de cours minimum au permis.
- Manque d’examinateurs prolonge les délais d’attente.
- L’efficacité de la mesure reste vivement débattue.
Permis de conduire : le débat sur l’augmentation des heures obligatoires
Lundi 29 septembre 2025, plusieurs moniteurs d’auto-école se sont rassemblés à Paris, affichant une revendication claire : faire passer le minimum légal d’heures de conduite de 20 à 28.
Cette proposition ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la profession, où les opinions divergent quant à son efficacité réelle et à ses conséquences sur les candidats.
Des délais en hausse, un manque d’examinateurs criant
Au cœur des discussions, le problème des délais pour passer l’épreuve du permis. Depuis 2023, ceux-ci ne cessent de s’allonger : on parle désormais d’une attente médiane de 74 jours, voire jusqu’à 80 jours pour le premier semestre 2025, selon les données officielles.
Pour beaucoup de professionnels, la priorité serait donc ailleurs. Ils réclament avant tout le recrutement d’au moins 150 examinateurs, afin d’offrir un accès plus rapide à l’examen et désengorger un système saturé.
28 heures : une solution pour tous ?
La question de l’augmentation du volume horaire obligatoire n’en finit pas de diviser. Si certains voient dans cette mesure un moyen logique d’améliorer la formation — « la moyenne réelle tourne autour de 30 heures», estime une monitrice syndiquée —, d’autres redoutent un effet contre-productif. Les chiffres du ministère des Transports nuancent en effet cette vision.
En 2024, parmi les candidats disposant d’un livret numérique, seuls 8 % ont tenté leur chance après les vingt heures réglementaires… et ils affichaient un taux de réussite remarquable : 70 %, nettement supérieur à la moyenne nationale (59,8 %). Par comparaison, ceux qui ont cumulé plus de cinquante heures plafonnaient autour des 43 %. Pour une partie des enseignants interrogés, ce n’est donc pas tant la quantité que la qualité du profil qui détermine la réussite.
Coup supplémentaire pour les élèves doués
Imposer huit heures supplémentaires ne serait pas sans conséquence pour certains candidats — notamment ceux capables d’obtenir leur permis rapidement. Un responsable d’auto-école tempère ainsi : « ça alourdirait inutilement la facture… parfois jusqu’à 400 euros en plus». Pour eux, difficile de justifier ce surcoût alors que leur préparation est déjà optimale.
Pour résumer, si l’idée d’harmoniser les parcours séduit par souci d’équité ou de sécurité routière, elle ne répond pas forcément aux urgences du moment selon plusieurs professionnels mobilisés : davantage que l’ajout d’heures obligatoires, c’est bien le renforcement des effectifs d’examinateurs qui fait figure de véritable priorité aujourd’hui.
