La consommation des foyers français reste inférieure à celle du reste de l’Europe

Image d'illustration. Gros plan d un chariot de supermarché rempli de provisionsADN
Les dernières données confirment que la consommation des foyers en France reste inférieure à celle observée dans la plupart des autres pays d’Europe, illustrant un écart persistant qui soulève des questions sur le pouvoir d’achat et les habitudes de dépense.
Tl;dr
- La consommation française recule face à l’incertitude politique.
- L’épargne atteint un niveau record depuis 45 ans.
- Alimentation et biens durables sont les plus touchés.
Un climat d’incertitude pèse sur la consommation
Ces derniers mois, l’incertitude politique s’est installée dans l’Hexagone, et ses effets se font sentir jusque dans le quotidien des Français. Le moteur clé de l’économie, la consommation des ménages, s’essouffle.
Après la pandémie et le choc inflationniste, une nouvelle étape s’est ouverte avec la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Ce contexte trouble n’encourage guère à la dépense.
L’épargne grimpe, les achats stagnent
Dans ce climat anxiogène, les Français adoptent un comportement d’attente : ils préfèrent mettre de côté plutôt que de consommer. Selon l’Insee, le taux d’épargne franchirait 18,5 % cette année, du jamais-vu depuis quarante-cinq ans hors crise sanitaire.
Cette tendance contraste nettement avec celle observée chez nos voisins européens, où le niveau d’épargne est resté bien plus stable.
Pessimisme ambiant et réalités économiques contrastées
À y regarder de plus près, ce recul de la consommation tranche avec une réalité économique qui n’est pas aussi sombre que perçue. Les salaires progressent, le marché du travail demeure résilient et l’inflation devrait rester limitée autour de 1 % en moyenne annuelle pour 2025. Pourtant, comme le note Dorian Roucher (Insee) : « La consommation déçoit depuis plusieurs trimestres ».
Un constat partagé par Maxime Darmet (Allianz Trade) qui évoque même une dimension « psychologique » : « Les Français broient du noir… Ils sont beaucoup plus pessimistes que leurs voisins européens. »
L’alimentation et les biens durables en première ligne
Certaines catégories souffrent particulièrement :
- L’alimentation, où la baisse cumulée atteint près de 8 % depuis 2022.
- L’équipement ménager (électroménager, automobile), victime d’un attentisme renforcé par les évolutions technologiques.
- L’habillement, également en retrait.
Les consommateurs privilégient désormais œufs, pâtes ou plats préparés au détriment des produits frais jugés trop onéreux. Même après la sortie progressive des crises sanitaire puis inflationniste, cette tendance ne s’inverse pas.
L’ensemble de ces signaux laisse présager une progression limitée de la consommation (+0,5 % attendus en 2025 contre +1 % en 2024), pesant ainsi sur une croissance déjà fragile. Un horizon décidément brumeux pour cet indicateur central de la santé économique nationale.
